Les chevaliers du Caucase à Alexandrie

Article Publie a Al Ahram Hebdo, 2006 http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2006/2/8/patri2.htm

Le bleu de ses yeux clairs et brillants reflète les années tumultueuses de sa jeunesse insouciante d’enfant gâté. Des photos en noir et en blanc sont accrochées : des chevaliers d’un autre temps, des champs et des collines révèlent un paysage peu familier avec le paysage égyptien. Dans son salon de style aux fauteuils dorés, il s’apprête à partager une histoire que peu d’Egyptiens connaissent. Le dernier Circassien raconte l’histoire de son peuple dispersé et oublié.

Mahmoud Aziz Wasfi, cinquantenaire aux cheveux poivre et sel, a conservé toutes les caractéristiques de sa race : élances, minces de taille, larges d’épaules, teint clair et des sourcils épais pour accentuer son regard sévère et perçant. De sang circassien pur, il compte, pourtant, parmi la quatrième génération de la famille Wasfi, installée en Egypte vers la fin du XIXe siècle. Vers 1856, le jeune Mahmoud Hawer, grand ancêtre de la famille Wasfi, ne fait pas l’exception des nombreux Circassiens qui se sont réfugiés en Egypte. Ils fuyaient les invasions russes dans le Caucase, les massacres et la persécution religieuse. Le khédive Ismaïl était généreux avec eux, il a accordé pour chacun 500 feddans de terre fertile. « L’Egypte les a bien accueillis. Mon grand-père a pu choisir ses terres, et il a opté pour les jardins de Choubra », commente Aïcha Wasfi, fille aînée de la famille. Dans sa maison de trois étages, « il vivait avec sa femme et ses serviteurs ».
Traditions et coutumes

Nés en Egypte, Mahmoud et ses trois sœurs n’ont jamais mis les pieds dans le Caucase. Pourtant, ils ont pu garder des liens invisibles et magiques avec la terre des chevaliers vaillants. Mahmoud passe des heures à raconter fièrement les traditions et les coutumes de ce peuple méconnu auquel il appartient : « L’éthique des chevaliers régit tous nos comportements, même dans l’amour et la danse ». Sur son cheval, l’amoureux enlève sa bien-aimée dans la nuit, accompagné de ses amis. Il la dépose chez un grand homme intègre du village pour qu’il intercède en sa faveur auprès des parents, et assez riche pour les marier sur sa propre fortune. Une fin heureuse attend toujours les jeunes amoureux. « Lors de sa jeunesse en Syrie, mon père accompagnait ses copains pour enlever les jeunes mariées ». Des longues phrases en circassien entrecoupent son récit. Néfissa Hanem Wasfi, la mère, s’adresse à son fils. Par des monosyllabes il répond puis reprend en arabe : « C’était jamais de vrais enlèvements, mais plutôt de belles traditions ». Néfissa hanem garde jalousement son héritage et son patrimoine : des petits tissus brodés, le costume traditionnel des guerriers, le kalpak (casque de tête circassien) de ses ancêtres et un récipient en métal suspendu au coin de sa salle de séjour. « Tu ne trouveras pas un récipient d’aussi bon métal qu’au Caucase, les chevaliers circassiens l’ont inventé même avant d’inventer le téflon. Ils s’en servaient lors de leur nuit à la pleine étoile », explique fièrement Néfissa hanem Wasfi.

« Mon grand-père était très pieux. Il croyait que le jour de la Résurrection aurait lieu en Syrie, c’est pourquoi il a vendu nos terres en Turquie. Avec cet argent, il a acheté des terres dans le Golan, en Syrie, et s’y est installé avec sa famille. Maintenant, nos terres sont occupées par les Israéliens. Ils nous ont ruinés », raconte Néfissa hanem, mi-sérieuse, mi-amusée en évoquant cette histoire lointaine. Mariée à Aziz bey, qui venait en Syrie, où se trouve une forte immigration circassienne, chercher une épouse de son ethnie, elle s’installe en Egypte et fonde sa famille. Et c’est grâce à elle que ses trois filles et son fils se sont attachés passionnément à la culture et aux traditions circassiennes. « La discipline, la bravoure et le respect des aînés et des femmes caractérisent notre peuple : on avait une tradition en vigueur jusqu’aux années 1950. Si deux frères avaient des fils adolescents du même âge, ils les échangeaient, car à cet âge critique, le fils, chez son oncle, restera discipliné. Après deux ou trois ans, on organisera une petite fête pour le retour de chaque enfant dans sa famille », raconte Mahmoud.

Jeune homme séduisant et aisé, Mahmoud n’avait jamais eu de problème à s’intégrer à la société égyptienne. Cet ancien étudiant du prestigieux Victoria College se vantait d’être de la même promotion du roi Hussein de Jordanie, qui poursuivait ses études en Egypte. Lui et sa famille appartenaient à la jet-set cosmopolite d’Alexandrie des années 1950. Il se souvient toujours des réunions d’amis à Santa Lucia et du kiosque de musique à Glim où, chaque semaine, des soldats venaient jouer gratuitement de la musique pour le peuple. « Bien sûr, jeune, je me sentais différent de mes collègues égyptiens. Je suis fier d’être un Circassien. Jamais je ne me suis révolté contre nos traditions. Elles me poussaient à bien me comporter pour que mes collègues me respectent davantage ».
Une minorité qui survit

Etant la seule famille d’une lignée circassienne pure à Alexandrie et l’une des rares familles subsistants toujours en Egypte, la famille Wasfi est le point de mire de tout Circassien étranger.

La seconde guerre mondiale prenant fin, les Anglais ont voulu renvoyer vers la Russie un bateau qui avait à son bord environ 500 Circassiens qui battaient à leur côte.

Les Egyptiens d’origine circassienne ont sollicité du roi Farouq qu’ils payent le voyage et qu’ils emmènent ces Circassiens expulsés en Egypte, les sauvant de cette destinée fatale. Les Russes les auraient tués certainement. Ainsi, chaque famille circassienne en Egypte a accueilli quelques-uns, se souvient Mahmoud. Et même : « Notre père a souvent aidé des jeunes Circassiens à venir poursuivre leurs études à l’Université d’Al-Azhar ».

La communauté circassienne, minorité dispersée, a eu beaucoup de peine à conserver son identité. Des liens ambigus l’ont liée avec les pays qui l’accueillaient. S’accrochant à la conception de la pureté de race, les familles circassiennes ont longtemps refusé de marier leurs filles aux Egyptiens, considérant ces derniers comme des fellahs. Mahmoud a préféré respecter les traditions. « J’ai épousé une Circassienne pour conserver notre ethnie et j’espère que mes enfants en feront de même ». A l’encontre de son frère, Aïcha a été la première à épouser un Egyptien et rompre avec les traditions. « Aurais-je trouvé un Circassien pour l’épouser ? Nous sommes de moins en moins nombreux », plaisante la belle sexagénaire. La simple et modeste Aïcha a conservé la beauté célèbre des Circassiennes : une longue chevelure châtain, un nez droit et des joues hautes et saillantes. Malgré son physique d’étrangère, elle a gardé l’esprit allègre d’une jeune fille de vingt ans et l’humour égyptien. « Je n’ai jamais eu de double identité, je suis égyptienne, mais aux origines circassiennes ».

Feuilletant ses albums de photos, Aïcha désigne des visages souriants, une ferme impressionnante, des arbres et des champs étendus, des petits poneys galopant. Elle évoque longuement l’âge d’or de sa jeunesse. Elle s’arrête devant la photo d’un homme grand, robuste, au visage rond et aux joues roses. Aïcha regrette toujours le temps de son père défunt. Il est le seul à l’avoir soutenue dans son mariage. « Mon père était un Egyptien fanatique. Il se vantait que tous les plats mis sur sa table sortaient de la récolte de ses terres ». Aziz bey Wasfi, le père, était un homme remarquable. Même une dizaine d’années après sa mort, les fellahs de ses terres ont du mal à l’oublier, « Aziz bey était un grand homme, intègre et bon ». Passant sa jeunesse entre l’Egypte, la Syrie et la Turquie, le jeune Circassien a eu une excellente éducation. Après avoir fini ses études en 1937 à l’Université américaine du Caire, il a dirigé ses terres d’une main de fer. Respecté et aimé de tous, a été prié par les gens de sa circonscription à Koutour, dans le gouvernorat de Gharbiya, dans le Delta, de les représenter au Conseil de la nation, du temps de Nasser, en 1957. « Pendant les élections, il n’a mis aucune pancarte électorale, affirme Aïcha. Il n’en avait pas besoin ».

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Le double visage de Mohandessine

Publie a La Revue d’Egypte, Numero 27, Jan-Fev. 2006 , http://www.larevuedegypte.com/article.aspx?ArticleID=5517

Tomber dans un autre monde. C’est l’impression qu’a eu la jeune Sara en pénétrant dans la ruelle Ibrahim-Khatab: «C’était il y a deux ans. Avec une amie, on cherchait un raccourci pour rejoindre la rue Chehab. On s’est perdues et on s’est retrouvées dans un quartier très populaire. Jamais je n’aurais imaginé qu’il y ait un endroit pareil à Mohandessine ! »

Au bout de la rue Chehab et de ses vitrines scintillantes, la ruelle Ibrahim-Khatab file entre les ateliers de mécanique et les kiosques de vendeurs ambulants de foul. D’un côté l’espace, la lumière et la verdure, de l’autre la terre battue, les maisons enchevêtrées et délabrées. A deux pas l’un de l’autre, deux mondes se croisent mais ne se mélangent pas.

Après une journée d’examens, Sara et son amie Radwa se détendent en faisant les vitrines rue Chehab. Boutiques de fringues, de lingerie ou de cosmétique, opticiens avec des affiches de marque sur les vitrines. Des bistrots renommés, des banques et un McDonalds indispensable dans toute rue commerciale digne de ce nom. Mercedes, BMW et Chevrolet garées en file, villas bien gardées et le consulat du Koweit ajoutent à l’aspect prestigieux de la rue qui fait la fierté du riche quartier de Mohandessine.

La rue Khattab

Ruelle Khatab. Om Badi’, âgée de 75ans, habite avec son fils aîné, sa belle-fille Ekram et leurs quatre enfants. « Je suis ici chez moi, pourquoi devrais-je aller là-bas ?» demande la vieille dame en désignant la rue Chehab. Je ne sors presque jamais d’ici, sauf quand je vais à l’église le dimanche. » Toute vêtue de noir comme ses voisines, Om Badi’, surnommée El-Haga Gamila, passe sa journée à observer les piétons et le va-et-vient frénétique des motos, seul moyen d’avancer dans ces allées étroites. Depuis qu’elle a quitté sa ville du Sud, Hawamdeya, avec son mari il y a quarante ans, elle n’a pas bougé de ce quartier.

Des champs aux tours

A quelques mètres de là, une vieille femme rêvasse sur le seuil de sa maison en brique nue. De temps à autre, quelqu’un la salue. « Tiens ! » lance une voisine en lui jetant une gerbe de mouloukheya. « Mais attends c’est combien, ça ? » demande la vieille. « Rien wallahi ! » répond la voisine en filant. « Elles ne me laissent jamais démunie », sourit la vieille femme.

1, 2, 3, 4 les numéros dorés défilent avec la montée de l’ascenseur de cet immeuble qui donne sur la rue Chehab. Au huitième, la porte s’ouvre sur un large miroir en fer forgé doré. Un long couloir, et plus loin une vaste réception avec trois salons de styles différents mais harmonieux. Des bibelots argentés, des vases chinois et des photos de famille sont rangés à leur place. C’est là que vit Soad, 53ans, et sa famille. Cette ingénieur au ministère de la recherche scientifique habitait la rue Chehab avant son mariage. «Nous avons déménagé de Tanta en 68 pour la rentrée à l’université. J’habitais à deux pâtés de maisons plus loin, dans un des rares bâtiments de la rue. » La rue était répartie en blocs : pour les diplomates, les ingénieurs et les enseignants. Soad habitait celui des diplomates. «Mohandessine a changé. Avant, le quartier sentait bon, il sentait la verdure et la fraîcheur.»

Avant, il n’y avait pratiquement que de vastes champs. Les riches familles de propriétaires ont petit à petit vendu leurs terres. Des tours se sont élevées, emportant avec elles à chaque fois un peu plus des anciens aspects du quartier. Sauf quelques-uns, comme la ruelle Ibrahim-Khatab, tache sur la vitrine scintillante du quartier riche.

Pour Soad, en cinq à six ans au début des années 70, le quartier a complètement changé de visage. Les magasins se sont multipliés, « et des nouveaux riches et des arabes (du Golfe) ont envahi la rue », affirme l’ingénieur avec mécontentement. Yasmine, sa fille de 22 ans, diplômée de l’AUC, s’amuse, à moitié scandalisée : « C’est devenu une blague avec mes amies. Quand je dois décrire mon adresse à quelqu’un, je lui dis: tu cherches Gad (vendeur de sandwiches de foul et de taameya situé au bout de la rue Chehab) et puis tu tournes devant chez El-Tawhid wi el-Nour (magasin de vêtements et d’ustensiles à bon marché). » Yasmine trouve la rue de plus en plus «low class». Low class et bon marché?

« Avec les 250-300 LE que coûte une jupe dans ces magasins, je peux habiller mes quatre enfants », ricane Ekram qui ne fréquente presque jamais la rue Chehab. Ekram n’est jamais allée à l’école. A quatorze ans, elle s’est mariée avec un homme de vingt ans de plus qu’elle. Maintenir son appartement ordonné et propre est la seule chose qu’elle connaisse. Elle mène une vie assez tranquille avec ses enfants, dans la ruelle, loin du monde extérieur. Un monde que Soad quitte, elle, pour pénétrer dans la ruelle et acheter des légumes frais : « La ruelle approvisionne tout Mohandessine en légumes à bon marché et en femmes de ménage. Mais aussi en voyous et en toxicomanes », ajoute-t-elle. Soad pense que les ruelles populaires représentent une menace pour les quartiers riches voisins. Pour débarrasser le quartier de ces voleurs et de ces toxicomanes, le gouvernement aurait un projet de remplacer les vieilles maisons par un pont ou par des hôtels, et pour reloger les habitants dans des nouveaux appartements à côté de l’aéroport d’Imbaba. « Ce serait un bon projet, explique Soad. J’espère que ce ne sont pas que des rumeurs.» Pourtant, la mère de famille est partagée. Négligemment appuyée sur le dos de son fauteuil, elle avoue, en parlant des habitants de la ruelle : «Quand même, on a besoin d’eux.»

Why I travel : To Redefine My Boundaries

A contribution i made as a reader to a new travel series launched by Al-Masry Al-Youm’s travel section titled “Why we do travel”

Leaning on the side window, the small torch tied around my forehead was the only source of light in the dark bus. I was reading the last chapter of “Dracula” by Bram Stoker, and while reading I figured out why I travel, alone. That was back in December.

Contrary to my travel habits, where I tend to welcome any social approach under the claim that I like to meet and talk to strangers, this time I was totally anti-social. I almost rudely turned down the offer of two Dutch people traveling with me on the same bus to sit next to them, and perhaps have a good conversation during the three-and-a-half-hours bus ride.

Eight hours earlier, I was touring old Hama, stepping into the sunlit streets and marveling at its white-stoned old houses. Thinking of what I had to do in the next 24 hours, many scenarios had popped up in my head:

Scenario one: Take a bus to Lattekia where I had planned to spend New Year’s Eve and see the other side of the Mediterranean sea, where I was brought up, then spend the last three days of my vacation in Damascus.

Scenario two: take the bus to Palmira, visit the historical city and spend the evening there, and travel next day to Damascus.

Scenario three: take the bus to Palmira, visit the historical city in just two hours, then take  another bus to Damascus, spend the extra night there — an exhausting scenario that will include at least seven-hour bus ride in one day!

Although it was a trivial and small decision, it haunted me for a few hours, on the bus, while  touring the streets, while stopping by the Hama waterwheels “al noureya” and while visiting Al Azm Palace “Beit el Azm” . As I enjoyed the warm sunny winter day, I constantly thought about what I really wanted to do.

This time I didn’t have a prepared schedule, or friends and companions to decide for me. It was only me and it was all about my needs and wishes. The thought of “what people usually do”  wasn’t an option. This time, I had to listen to the voice in my head and decide.

And this was the moment where the question: why am I travelling first popped up! I’m certainly driven by the natural human need to explore, meet new people and encounter new cultures, etc. But I realized at that moment the real reason, for me, was that travelling helps me to redefine my boundaries and to realize how all the surrounding stops influencing me , including traditions, beliefs, society, ethics, and everything I was raised to follow and to take for granted.

Traveling liberates!

And it has nothing to do with the revolutionary statements of some people who are in constant search for freedom. The reality is that traveling mutes all the external voices and for the first time you start to listen to your true self and to your wishes. You learn to know yourself well and to enjoy your own company. At that moment in Syria, I was responsible for myself and I was taking my responsibility seriously.

On that bus, as I turning the last page of my book, I looked up to face my image reflected on the bus window, and to look directly to my eyes lit by my head torch. Here I am, the self that I traveled to Syria to gaze at.

Exhausted, I let out a sigh, closed my eyes and tried to sleep for the remaining hour in my long ride to spend New Year’s Eve ning in Damascus, after I toured Palmira just for two hours.

بلاط مدينة الصلصال

تم نشر هذا النص كجزء من مقال بكتاب امكنة، عدد 2008

لم يكن حال مدينة بلاط كمدينة القصر بواحة الداخلة، فهي لم يهجرها سكانها تماماً مازال يمكنك أن تعثر على بعض آثار الحياة عند التجول في مدينة الصلصال، بين الطرقات المظللة حيث تلعب أشعة الشمس

 

by Rania Abu Eid

 

دور الرسام ألهاو على جنبات الممرات الطينية التي تفصل بين بيوت المدينة حيث جميع زوايا الطرق مستديرة والدرجات التي تفضي من مستوى إلى الأخر محدبة الأطراف تكاد ترى بصمات من قام بتشكيلها وتسويتها، على جانبي الطريق، وقفت بعض النساء في مداخل بيوتهن، ينظرن إلى المارين، يغطين وجهوهن بطرحهن يخفين بها ابتساماتهن ونظرات التساؤل في عينيهن.

وقفت هي كعروسة شمعية بوجهها المستدير المشدود وعينيها الصافيتين التي يحيط بهما من كل جانب خطين من التجاعيد وهما الدليل الوحيد على تقدمها في السن. تلبس أشارب ارجواني بنقوش حمراء يحيط بشعرها الفضي الذي يكشف عن سنها الذي يناهز الخمسين دون البوح به، بملابسها الزاهية وقفت كريمة أمام عتبة بيتها تنقل نظرها بيننا نحن الثلاثة بحيرة وتردد ولولا الأدب وأصول الضيافة لكانت اختفت بلمح البصر من أمامنا ” لا لا أتفضلي بس البيت منترك، بس أتفضلوا” قالت بتردد وهي تنظر إلى مرشدنا من أهل المدينة الذي يصطحبنا في الجولة، تستمد منه الأمان فهو الوجه الوحيد المألوف لديها، سبقتنا إلى الداخل وتبعتها ارفع قدمي عاليا لتخطي العتب المرتفعة لأولج إلى المنزل كأني أولج إلى بطن الأرض فالباب ما هو إلا فتحة مستديرة كبيرة ترتفع عن الأرض وينخفض سقفها فتضطر لخفض رأسك ماراَ إلى عالم آخر تشعر فيه كالجنين في رحم أمه ، تتهدج أنفاسك وتبدأ ضربات قلبك البطيئة ترن في أذنيك ويحيط بك الظلمة والهدوء والصمت. كان الباب يفضي إلى مدخل يفضي بدوره إلى بيت الجيران : يشترك البيتين في مدخل واحد مسقوف ومظلم تظنه كأنه بيت واحد ولكن لتكتشف بعد برهة الباب الجانبي الخشبي الصغيرة الذي يفتح على منزل آخر. البيوت هنا تشبه متاهة من الغرفة المفضية بعضها إلى بعض طينية ملساء مظلمة وحميمية.

بعض الدقائق تمر حتى تعتاد على الظلمة ، تهدأ أنفاسك وتبدأ بالنظر إلى الغرفة وأثاثها البسيط الذي يتلخص في حصيرة وفراش وكلوب سبيرتو كبير مركون على الحائط، في الحائط يمكنك أن ترى مغروز في الطين سلك الكهرباء، الدليل الوحيد على “المدنية”، عند طرف الغرفة يوجد على الأرض كومة رمال وقصعة بها مياه مما يفسر خشونة يديها الغير طبيعية المغطاة بطبقة من الطين الجاف فهي كانت تعيد بناء بيت أبيها بعد أن توفى لكي تنتقل إليه لتعيش به بعد أن انهار بيت زوجها.
شأنها كشأن نساء وعائلات كثيرة في بلاط عاشت كريمة حياتها كله في البلد لم تغادرها ، بعد أن نالت قدر من التعليم (معظم النساء في هذه المنطقة حصلن على قدر يذكر من التعليم حتى إن لم يتعدى المرحلة الابتدائية ) عملت بالمستشفى لتربي أطفالها فهي ترملت عند بلوغها التاسعة عشر فقط من عمرها فوجدت نفسها مسئولة عن طفلين ، عندها انتقلت مرة ثانية لتعيش في بيت أبيها ورفضت الزواج مرة أخرى . لا تنتقل من البلدة سوى لشهور قصيرة تقضيها في القاهرة لزيارة أولادها الذين استقروا وتزوجوا هناك “ابني متعلم وبعدين جالو شغل في القاهرة أنا قالي يا ماما لو عوزتي اقعد معاكي، خفت يقولي بعد كده منعتيني جالي قرش ومانعتيني، فجلتله يابني البلد اللي تعزك تبقى خير موطن” أكدت كريمة وهي تفسر لماذا انتقل ابنها من البلدة القديمة فمجرد كونه “متعلم” تفسر من وجهة نظرها الكثير فمن من الجيل الجديد “المتعلم” يرضى العيش في البيوت الطينية الرطبة حيث مازالت الحياة خشنة وغير مريحة. فالحياة بهذه البيوت لم تتغير عما كانت عليه إلا فيما يتعلق بالغلاء الذي طال كل شيء فتحكي كريمة أيام كانت بلاط تنبض فيها بالحياة ” عشان شغل البيت كنا نجيب رمله كده على دماغنا وطينة نجيبها زمان من الغرود دلوقتي بنشتريها، نقوم نعجنها مع الطيبة بس زمان ما كنتش الطين ده ده طين اخضر وبالجريد وبعدين كنا نغطيه بالطينة البيضة(…)كنا نخبز كل أسبوع أو 3 أيام دلوقتي الدنيا أتغيرت بقت فيه تلاجات ، زمان كانت الغلة رخيصة وماكنش حد يبيع كانت الجيران تدي بعضيها ده عندي ادي للتاني وده عنده يدي للتاني الزمن ده آن ماشترنيهوش ما نشفهوش ، كمان زمان ما كنش فيه في البلد تعليم كتير دلوقتي فيه تعليم والناس طلعوا في المسلح فمبقوش يشوفوا أهلهم، ماحدش دلوقتي هاين على حد، دلوقتي كمان المهر غلي أنا كان مهري 20 جنيه أصل الواحد مش قيمته فلوس إنما في قيمته ودينه”
بعد أن استضافتنا في بيتها تحكي عما كان ، اصطحبتنا كريمة حتى آخر الطريق المفضي إلى بيتها مارين من الظل إلى أول الطريق النازل الذي تتخلله بعض أشعة الشمس، عند نهاية الطريق توقفت وسألتها
– ممكن أصورك
– لآ لآ ماحبش لآ بلاش
– طب أتصور معاكي طيب ؟
– لآ، تفاجأت بلهجتها الحاسمة
– ديه مش أجنبية (تدخل حُمدة شارحاَ لها) فسارعت بقول – لأ أنا مصرية ومسلمة وموحدة كمان …
– لا ماني عرفة إنها مش أجنبية ، لا عندنا مانخلي الأجانب يصورونا أصل العيا كتر لا مؤاخذة، أصل ماكنش عندنا أمراض يعني زمان، يعني زمان ماكنش أجانب بيجوا ولا حاجة. جم وجه المرض.
لم افهم ما هي علاقة الصورة بالأجانب وما علاقتهما بانتشار المرض، إلا إنني اكتفيت بالاستماع والاندهاش بل بالانبهار بالموقف الذي لم استطع تحليله، فآثرت السكوت دون الاسترسال في الأسئلة خاتمة الحديث مستمعة إليها وهي تودعنا بالدعوات
– “أنت آنسة ولا مدام” سألتني على استحياء
-ـ آنسة
– طب روحي ربنا يحنن عليك بولاد الحلال

ابتسمت وأكملت طريقي مع حمدة ومرشد البلد مكملين جولتنا في أرجاء البلدة خافضين رؤوسنا في بعض الأحيان، صاعدين بعض الطرقات أو نازلين بعض الدرجات أحيانا أخرى، مارين بين زوايا الطرقات،

 

By Rania Abu Eid

 

عند المناطق التي تكشفها الشمس بقصعات زُرعت بالنعناع وريحان وزهور الكركديه القانية. عند أعلى القرية اختلف البنيان، تبدلت البيوت الحمراء الطينية القصيرة والملتصقة يبعضها البعض ببيوت عالية بعض الشيء بيضاء اللون ، هنا يقع بيوت عُمد القرية والذين ينحدرون جميعهم من عائلة البرنس وهي أول عائلة ، كما يزعم أهالي القرية، قدمت إلى هذا المكان أقامت واستوطنت واستقرت ” هي عيلة شبعانة عندها ابيار وأراضي وطبعا اكبر عيلة هي اللي تمسك البلد” شرح لي مرشدنا. وقف هناك محمود البرنسه يرحب بنا بقفطانه الازرق الزهري ولاسته الخضراء، بوجهه التي تشقه من قمة رأسه حتى عمق خديه أخاديد عميقة لوحتها الشمس، ينظر إلينا بعينيه اللتين بهتا بفعل الزمن، تظهر بين فكيه أثناء حديثه أسنانه المبرودة مصدرة صوت صفير خفيف عند حديثه. جلست أمامنا زوجته بوجهها المشدود المسحوب الأسمر تستند على حائط بيتها تجلس القرفصاء تنقل عينيها العسليتين الجميلتين بيننا وبين زوجها وهو يحدثنا “اسيب البلد ليه ، هنا مافيش أي إشكالات، أنا هنا بأصلح ما بين المتخانقين ماعنديش حد في بلاط يروح الجسم، الا لو جريمة جتل بس ده ماحصلش عندينا لأ ولا حتى سرقات، إنما شوية نزاعات بتبقى على ارض مايه بتاع كده ، يعني بهيمة سابت على زرع التاني، يدفعله تعويض والتاني ممكن يسامحه يبوس على دماغه حجك عليا وكده حق عرب يعني” على عكس أهالي القصر الذي انتقل أغلبية سكانها، الكبير والصغير وحتى عمدة البلد، إلى الأراضي المحيطة بها، بنوا بيوت من الأسمنت، فبلدة بلاط لم يتركها سوى الأجيال الحديثة، فهنا مازال يقطن محمود البرنس، عمدة بلاط، وزوجته حتى وان تفرق أولاده السبع مابين الأراضي المنبسطة المحيطة بالبلدة أو بالخارجة والقاهرة وموط للعمل. عندما طال الوقوف والصمت بدأ يخيم علينا، قالت لنا زوجته (والتي لا يناهز جمالها سوى اللوحات الزيتية التي رسمت بدقة) “أتفضلوا نجيب شاي” هنا أدركت أن الحديث قد طال وآن الأوان للذهاب فلقد بدأنا نثقل عليهما فشكرناهم واستدرنا، وقف هو يودعنا بابتسامة عريضة ونظرة لم تفقد بعد فضولها

On the importance of being an Arab … On the importance of Being Ahmed el Attar

I attended yesterday the play of Ahmed el Attar, “on the importance of being an Arab”, taking place at Rawabet Theater from

31st of July to 2nd of August, and I thought sharing my feedback.

From the “mise en scene” perspective, the play is a really good one, where Ahmed el Attar got his reputation of being a professional dramaturge and director I guess.

In front of a big screen , where a presentation of his love letters, army exempted certificate, some parts of his erotic writings are flipping , el Attar sit there, performing a long extended and uninterrupted phone-call with his friends, his father and his girl friend, soon becoming his wife.

Good lights, good synchronization between the video behind, lights, music and performance!

The music composed and produced by Hassan Khan (well know visual artist). was following the rhythm and tempo of a “shaabi” popular Egyptian music. The soundtracks change in a tempo of their own. Under the hidden crescendo  effect, I was tensed by anticipation, the music has a really significant independent identity in this show  (not sure if this can be taken as  a positive or negative point)

But ….

Seriously I hated the play! At a certain moment, the question “what’s the point!” popped up!, I have attended before plays which were completely pointless! But I was too captured to think about it!

I think if you decided to bring the audience to that close intimate position to your personal life, you have to capture them and give them a good reason to be, and the “expressionless performance” of el Attar, was really annoying, although it was intentional, because you definitely can’t stay 40min with no expression unintentionally, so i can’t say it was a bad performance!

Something else, “m’a tappe sur les nerfs” as we say in French (made me really nervous), in a certain moment of his monologue, Attar criticized the people who made Arts, a luxury for the bourgeoisie, ok but please someone explains to me what kind of play he was presenting yesterday, it’s not because he was speaking Arabic and put a kind off “sha3bi” music that’s mean that this is not `a “bourgeois Play”. Definitely the show wasnot reachable for everyone! And claiming the play “on the importance of being Arab” didn’t made me think that Attar is an Arab example, that can be taken as a general case or a normal Arab one. It was just all about “The importance of being Ahmed al Attar”