Chemin

Le voyageur s’est bien préparé pour le chemin. Il a emporté avec lui, tout ce qu’il doit porter: les sourires, les rires, les souvenirs, la peur et la foi. Il ne sait pas où le chemin va le mener. Mais tout ce qu’il savait que c’était son chemin, et qu’il doit l’arpenter. Il a voulu voir ce monde, par les gens, tant raconté. Ces jambes étaient englouties d’inaction et désiraient d’aller où elles doivent aller.

Le voyageur s’est bien préparé pour le chemin. Il a cru qu’il doit y aller. Et le voilà, il y est. Quelque chose l’attend là-bas. Là-bas, au bout du chemin. Là où l’horizon embrasse la terre. Là, derrière cette pente dressée. Il n’a que la traverser pour y arriver. Ses premiers pas sonnent invincibles sur le chemin. Ils martèlent de leur force tous les obstacles qu’il rencontre et va rencontrer.

La terre est fière de lui et le soleil le salue. Le froid de la  nuit ne l’atteint pas. La foi de son Coeur le réchauffe bien.

Il a tant imaginé et rêvé le chemin qu’il va prendre pour arriver. Pendant les nuits d’ennuie et d’incertitude, c’est le chemin qui lui a donné l’envie de vivre et de respirer. Pourtant il ne le reconnaît pas, ce n’est pas ce chemin qu’il a tant rêvé. Celui-ci est long et serpenté et après quelques nuits sans lune, il n’arrive toujours pas. Il commence à se désespérer. Qu’est ce qu’il doit faire? Arrêter et retourner ou bien continuer. Il est  seul devant la faim et la peur qui ronge son existence. Ses pas se ralentirent et ses jambes s’amolirent. Et il n’arrive toujours pas. Le souvenir du chaud et du soleil de chez lui commencent à effleurer son Coeur et l’affaiblirent. Pourtant, le voyageur s’est  bien préparé pour le chemin. Il a emporté avec lui, tout ce qu’il doit porter: les sourires, les rires, les photos, les souvenirs, la peur et la foi. Il n’a rien oublié. Si, il a oublié le but de son trajet.  Il commence à se rappeler pourquoi il a arpenté le chemin et les raisons bien fondées du voyage commencent à perdre leur sens. Il n’arrive toujours pas. Il est égaré dans des paysages inconnus et il commence à pleurer. Les chemins se croisent , s’éloignent et se croisent et s’éloignent. Mais voilà un horizon qui apparaît. Le voyageur est enfin arrivé. Les paysages semblent familiers. Ce soleil, il le connaît. Le voyageur est arrivé d’où il a commencé. Il reconnaît les visages, la mer, la terre et l’air. Il a dû faire tout ce long voyage pour retourner là où il était. Il a dû faire ce long voyage pour apprécier ce qu’il avait.

Héba El-Cheikh

21-01-05

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